Ginestous, le singulier pluriel

 

 Réalisé par Justine Lasserrade et Lara Fraisse

 Projet en collaboration avec l’Association du CCPS (Comité de Coordination et la Promotion et en Solidarité des communautés en difficulté : migrants, tsiganes) - Septembre 2015 à Juillet 2016.

 


Le Singulier Pluriel, c’est la rencontre de deux mondes, deux cultures. Nous avons souhaité lier, à travers ce projet, nos études d’architecture et notre travail d’accompagnatrices scolaires au sein de l’association du CCPS au près d’enfants du quartier de Ginestous. Le CCPS, dont le siège social est basé aux Izards, intervient dans le quartier de Ginestous, au nord de Toulouse. Depuis 2 ans, nous accompagnons les enfants du quartier dans leur scolarité. Notre activité allie accompagnement scolaire et ouverture culturelle. Dans le cadre de cette médiation culturelle, nous avons souhaité sensibiliser les enfants à l’architecture et les intégrer aux différentes étapes de l’aménagement de leur quartier. 

  

Pour connaitre les modes de vie au sein du quartier et proposer en répondant au mieux aux besoins, nous avons réalisé des ateliers participatifs dans l’espace public du quartier durant un Workshop. Celui-ci avait pour but de créer un évènement fédérateur au sein du quartier et permettre des intensités sociales pour révéler les usages et les besoins des habitants. 

Les ateliers se sont déclinés sous plusieurs thèmes: porteurs de paroles, parcours commentés, témoignages des anciens, dessins, discussions, maquettes d’espaces publics et d’habitats... Ces ateliers ont fait émerger les modes de vie privés ainsi que publics, mais ils nous ont également permis de comprendre les coutumes de vie des populations tsiganes, ainsi que le passage d’une vie nomade en caravanes à une vie sédentaire. 

 

Au cours de l’ensemble de ces ateliers, les enfants ont pu proposer de réinvestir le parking de la maison sociale en terrain de foot, mais également de réaliser un panier de basket, des jardinières pour des potagers, des bancs, des tables de ping-pong, du cinéma en plein air sur le mur de la maison sociale, une scène de théâtre... Durant la deuxième semaine du Workshop, nous avons récolté avec les habitants des matériaux de récupération dans le quartier, ainsi qu’auprès des associations Bois & Cie et Recyclo’Bat, pour réaliser les aménagements imaginés pendant la première semaine.

Les ateliers nous ont également permis de comprendre comment les habitants s’étaient appropriés les maisons pavillonnaires. A travers les témoignages, les maquettes et les visites des maisons, nous avons pu réaliser un relevé habité des maisons de 12 familles. 

Les typologies initiales proposaient une maison, un garage sur rue pour les voitures ou les caravanes, ainsi qu’un jardin. Pour élaborer les projets, nous nous sommes basées sur l’existant, les transformations réalisées par les habitants, ainsi que leurs besoins. Parmi ces transformations, nous avons fait le constat que les habitants du quartier ont transposé la vie en terrain familial dans le logement pavillonnaire.

 

Plusieurs besoins ont été soulignés par les habitants : surface supplémentaire, lien intérieur - extérieur dans le logement, ainsi qu’un rapport plus fort à la rue, intégration de la caravane comme une pièce à part entière du logement. 

 

Pour répondre à ces besoins et accompagner au mieux la sédentarisation, nous avons proposé une extension légère en serre pour chacune des 12 familles. Les serres proposées sont installées côté rue en prolongement de la maison à la manière d’une greffe. Celles-ci permettent de créer un espace habitable supplémentaire, intégrer et protéger la caravane dans l’habitat. Les panneaux de façades sont coulissants permettant à la maison d’évoluer du plus fermé au plus ouvert selon les besoins.